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Perte partielle ou totale de l'odorat survenant selon différentes causes, l'anosmie peut représenter un réel handicap pour celui qui le subit au quotidien. Ne plus rien sentir menant parfois à ne plus rien ressentir, faisons le point sur les causes multiples de cette pathologie et surtout de ces conséquences.

Anosmie : définition

L'appellation « anosmie » est dérivé du grec osmê qui signifie « odeur » et du préfixe privatif -an qui reflète une privation, une perte de l'odorat en l’occurrence.

Le mécanisme de la perte de l'odorat implique essentiellement :

  • Le nerf olfactif : c'est par lui que sont véhiculées les odeurs, à travers notamment les neurones olfactifs.
  • L'os ethmoïde : et particulièrement la lame criblée de cet os du crâne qui présente deux fentes (fentes ethmoïdales) pour le passage de vaisseaux et des petits orifices pour les filets nerveux issus du bulbe olfactif. Elle forme la voûte extrêmement fragile des fosses nasales.

En temps normal, les molécules odorantes se solubilisent dans le mucus olfactif et entrent ainsi en contact avec les cils olfactifs et les neurones, chargés de « transporter » l'odeur jusqu’à notre cerveau. Mais il arrive que ce sens disparaisse pour de multiples raisons.

Causes de l'anosmie

L'anosmie peut avoir des causes différentes :

  • des anomalies anatomiques de la fente olfactive ;
  • certaines rhinites et sinusites aiguës mais aussi la covid-19 (surtout chez les femmes) : l'odorat redevenant normal après guérison dans un délai de 15 jours dans le cadre de la Covid, sachant toutefois que les symptômes persistent 4 semaines après le début de la maladie chez 50 % des patients et au-delà de 6 mois chez encore 10 % d'entre eux (cela serait liée à la persistance du virus et de l’inflammation dans la muqueuse olfactive alors même que les tests RT-PCR pratiqués sur les écouvillonnages nasopharyngés peuvent rester négatifs) ;
  • la présence de polypes dans les sinus ;
  • certaines rhinites chroniques, allergiques et non allergiques ;
  • des effets iatrogènes de certains médicaments comme : méthotréxate, codéine, morphine, griséofulvine, lincomycine, tétracyclines, clofifrate, cholestéramyne, sels d'or, D-pénicellinamine, L-dopa, cimétidine, autres traitements locaux, etc. ;
  • la radiothérapie cervicale ;
  • des événements traumatiques : 15 à 20 % des consultants pour troubles de l'odorat ( 5 % des traumas crâniens ) ; elles posent le problème de leur réalité dans le cadre post-traumatique ;
  • des substances toxiques, notamment dans le cadre d'une exposition professionnelle : ciment, acétophénone, chrome, asphalte, disulfite de carbone, essence, plomb, zinc, chlorométhane, essence, dioxyde de soufre, sciure de bois etc. ;
  • des causes neurologiques : tumeurs des voies et des centres olfactifs ;
  • certaines pathologies neurologiques chroniques : maladie d'Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, SLA (ou maladie de Charcot)...

Pour le diagnostic, un simple test permet de l'orienter. Un tampon imbibé d’alcool ou d'ammoniaque est placé à moins de 10 cm du nez du patient :

  • S’il ne peut le sentir, il souffre d’anosmie.
  • S’il ne peut le sentir qu’à une distance de 10 à 20 cm, il souffre d’hyposmie (altération de l'odorat).
  • Un individu normal pourra facilement percevoir l’odeur jusqu’à 20 cm de son nez.

Anosmie : conséquences et traitement

L'anosmie s'accompagne de façon quasi constante d'une perturbation du goût (agueusie) et retentit donc de façon considérable sur la qualité de vie à travers par exemple :

  • un impact négatif sur la qualité de l’alimentation (principalement chez les personnes âgées) ;
  • l’absence de l’identification du brûlé, de fuite de gaz ou d’aliments périmés peut mener à des conditions dangereuses et à des impacts graves pour la santé ;
  • un syndrome dépressif dans près de 80 % des cas d'anosmie ;
  • une perte de libido dans certains cas liée à l'impossibilité de sentir les fameuses hormones ou phéromones secrétées par nos semblables.

Les médecins ORL sont souvent démunis devant une anosmie persistante car si les corticoïdes sont en général suffisants pour venir à bout d'une anosmie due à une rhinite ou à une sinusite, la chirurgie n'est que peu efficiente dans les cas les plus durables.

Il existe des séances de « rééducation » de l'odorat à pratiquer chez un spécialiste. Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, une équipe de médecins experts et de scientifiques du CHRU de Tours, du CNRS et de l’Université de Tours ainsi que des membres de l’association de patients anosmie.org ont conçu une application pour smartphone : Covidanosmie.fr. « Le programme de rééducation olfactive consiste à combiner l’utilisation, deux fois par jour, d’huiles aromatiques à haute concentration et un module de stimulations visuelles. L’application indique quotidiennement au patient l’ordre dans lequel il doit utiliser ces huiles, comment il doit procéder, et plusieurs fois par semaine, l’invite à renseigner un questionnaire permettant la mesure et le suivi individuel des progrès ». Cette application a fait la preuve de son efficacité puisque près de 75 % des patients rapportent une amélioration significative de leur trouble après un mois de rééducation.

En effet, parfois si l'on croit avoir perdu l'odorat, on continue tout de même à sentir des odeurs sans toutefois pouvoir les identifier. On conseille alors de s'immerger le plus possible dans lieux odorants (commerces alimentaires type fromagerie, restaurants, parfumeries, etc.).

N'hésitez pas à consulter votre médecin en cas de rhume ou rhinite persistante avec disparition de l'odorat et du goût.

Ces pros peuvent vous aider